L'Arbre au monocle
                                                                                      
 



La main sur le front

et les yeux dans le vide

elle pense, elle pense

qu'il ne faut pas trop penser

pour être un petit peu heureux

mais qui faut le faire

suffisamment pour que ce petit

peu dure longtemps.

 
Janvier 1977



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A la recherche d’un mot de trop par page
je t’ai retrouvé « sycophante » épique
puis par un hasard ou un excès de rage
cinq syllabes formèrent « sybaritique »
 
La signification peu commune d’ailleurs
de ces termes démontre une fois de plus
que le chantre mystique, sensuel est un leurre
tout comme la cathédrale ou l’épée de Brutus
 
Aux incantations qui entourent le prétoire
fuse la réponse engluée par l’encens,
Elle prône sans réserve ni déboire
nos chairs colorées par l’étreinte de l’amant
 
 
Janvier 1978



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HOULEUSE la noce de Vladimir, sédentaire
doyen, contourne, module, rehausse le cirque
mauvais à cor et à cri, bravo ! placide
il malaxe écœuré blanchit, fleurit les
radotages de Racine, indiscernable,
indéfinissable s’obstine sur le ponton
que l’on nivèle emphatique, jauge, parasite
de ta tempe, ortie, immerge le feuillet
de la défaite
 
 
Mai 1978



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Inventaire de Nicole paradoxe d'ignorance
miteuses Pâques se niche dans les plénitudes
des préjugés Au bord d'un kiosque le Kérosène
s 'écoule et prend feu, parade le pélican recevant
son prorata de pétrole, les prophétesses s'indignent
qu'une boule en métal déblatère sur l'avenir, les glus
Racollent les météores, poumons pourpres d'osier,
moulages à réimpressions lumineuses en sourdine,
vermiformes comédiens lucratifs,
loterie des flonflons des floralies, dépravé,
l'estocade exacerbe l'exactitude royale,
tout est liquéfaction, persévère, un pied-bot !
Qu'il vive !
 
 
Juin 1978



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L’aéroplane
 
Dans un vieux hangar
il se raconte son histoire
à sa façon bien sur
sa voix brisée par l’usure
 
 
Il reste au sol, pourtant…
Que faire assis seul sur un banc
attendre un navigateur fou
jouer le tout pour le tout
 
 
Dans un vieux hangar
les choses sont différentes le soir
il semble ne pas s’étonner
les objets veillent sur leur passé


Novembre 1978



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amour
espoir sans retour
nos vies
deux cœurs désunis
demain
le cœur dans la main
jeter
le monde sans pitié
hélas
la mort est à nos traces
partir
sans oublier de revenir
tais toi
le pessimisme est là
 
 
le réverbère et l’arbre vert
un petit vers de travers
cette émotion de trahison
musique de ton front
le réverbère et l’arbre vert
l’amour se noie dans cette bière
l’ambiance nous trempe de poison
les marginaux sont en prison
 

 
Janvier 1979



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L’amour…
trop exigeant
le pardon…
trop douloureux
le repentir…
sans lendemain
la tristesse…
mais avec joie
la mort…
certainement pas
alors
l’amour
qui pardonne
le repentir triste
de la Mort…
 
 
Avril 1979



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occulte rigolade étrange suspicion
ternes chapelets aux têtes enfilées
pontifes psychotiques sarcophages grincheux
complot embaumeur immortel lendemain
 
 
chaloupe pourriture exécrable chaleur
somnolence souillée d’exodes intemporels
 
 
pulsions calmes artistes chevronnés
arrière-petit-fils me donne des taloches
détracteur sans foi ménage ses arrières
 
 
tutoiements hilares sensuels frissons
leitmotiv amer écrase le génial
dompteur sans faiblesse sentinelle thoracique
parchemins noirs impossibles à déchiffrer
 
 
déconvenue honnête baraque de la peur
condisciple orange message de couleur
bambins pétrifié à l’annonce des vœux
 
 
synonyme reproche philanthrope gêné
abandon galant exégèse prophétique…
 
 
Mars 1979
 


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L’ambiguïté semble totale
mais rien n’est plus clair
que cette déflagration sereine
 
où se perd le mental…
 


_ _ _
 

tu
c’est l’autre
l’autre qui es devant toi
qui es dans toi
que tu ne vois pas toujours
mais qui s’apitoie
quand tu caresses le velours
 


_ _ _ 
 


Lundi matin
à l’angoisse du lendemain
tu as substitué
le monde que j’avais créé
 
la vision serait belle
tu serais là
la main tendue
 
et je disparaîtrai
hurlant de stupeur
dans les craquelures de ta peau
 
 
Mai 1979



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L’horloge nous donne
Les passages d’un temps
 
Qui s’ouvre
Et se referme
 
De la mort au néant
 
Sieste villageoise
Doucement vaporeuse
 
Dessous les arbres
Juste le temps
 
De se sentir
Un peu perdu
 
 
Juin 1981



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Prisonnier du mouvement
Qui calcule ses effets
 
La spontanéité
Se retranche
 
Derrière la peur de paraître
Sans cesse contradictoire
 
Au creux versatile de la vague
Lunatique
 

 
Peur du sensible
Qui me distille à travers toi
 
Par transparence d’éclosion
 
 
Septembre 1981




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L'instant présent
N'est pas
Comme on pourrait le croire
 
Réductible infiniment
A la même parcelle de temps
 
Il est avant tout
Acte de mémoire
 
Acte de situation
 
 
Par l'épanouissement successif
De processus simultanés
 
Tout résonnement précursseur
Légitime ses raccourcis déraisonnables
 
A savoir
 
La renaissance sous-jacente
des sentiments bafoués
 
Le ridicule interrogatif
De la spéculation
 
L'étonnement amusé
De sa contemplation
 
 
1981
 
(Laissons cet orthographe de précurseur / le 12 février 2018)




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J’ai souvent confondu dans ma vie antérieure

inaccessible et insaisissable. L’un indique

une idée de hauteur, de vertical, de condescendance,

l’autre, de fraternité douloureuse, d’horizontal, de doutes.

Ce soir, seul, dans un cinéma du Faubourg Montmartre,

Je convoque mes peurs anciennes pour me délivrer

d’un futur à revivre.

 

Pour que les années passent

les hommes sont ce qu’ils sont

et guère plus, et donc s’étonnent

des traces qui ressemblent à des empreintes.

 

Novembre 1982

 

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Je passe l’anarchie de mes rêves
Au tournevis des mouches dans le pré,
 
Du crépuscule pitoyable
La déraison plate du cœur
En escalier,
 
L’adhérence du vide
Au passage des abîmes réflexives,
 
L’apaisement des réactions
Dans le plaisir d’y être.
 
Pas la peine d’épiloguer la trêve,
le silence congelé des absences
sous le masque, le peu
d’importance de sa tradition,
l’inusable lendemain de son commérage.
 
Il me reste, parfois, le désir de croire
en quelque chose ou en quelqu’un
 
ou en moi.
 
 
Janvier 1983



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Opéra zen
 
Cette fois vraiment je suis.
Et encore la discrétion muette
de l’étonnement ravie.
 
Arcades lunaires,
fantômes de neige,
les oreilles bleues de la lune
traversent le paysage.
 
L’heure me serre dans
le combat
fratricide du coma contre le
sommeil.
J’ai la peine de mourir plus vibrante
que l’estomac dans les talons.
 
Le mur est présent
mais l’absence est lointaine.
 
Enfin qui croire
du chemin de la vie à la mort
Dans l’attente possessive du point.
 
Je suis le rond
non-inscrit dans la courbe.
 
 
1984
 


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Qui ou quoi,
Pourquoi et comment
Cherche midi à quatorze heures.
 
Comme un talus d’églantines sur la route
Du désert s’oppose au voyage du vent sous les dunes.
 
Maison d’escalier qui penche.
Etiez-vous la forme et le résultat des choses ?
L’éternité railleuse du destin ?
 
L’homme pense
L’ombre coule de source
Le foulard traine en longueur
La chaise s’étagère du tiroir
L’avenue s’en mord la queue
Le boulanger couche dans les blés
 
Les tulipes
Le bureaucrate
Le cinéma
La parole
Les chiffres
 
La mer du Nord couche sous les ponts.
 
 
Novembre 1984



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Viens-tu comprendre avec moi
Le contraste vermeil des couleurs
Et la sonorité percutante de l’écho ?
 
Toujours les moulins à vent
Griffent la lumière
Et laisse le paysage
Inachevé
 
Pour une foule sans yeux ni visage
Cette ombre
-       tissée de perles fines
-       vagues de crécelles zébrées
-       pas de la neige dans le sentier
-       soleil du liquide à la source
-       embrasement d’abondance sereine
 
Papote les divergences du chat
Enonce le théorème juste et sacré
Baille le commentaire d’équinoxe charnelle
Vacille l’épuration du style.
 

 
Décembre 1984
 
 
 

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Tu as raison,
Il est 3h du matin
Et les heures paires
(2h, 4h) semblent
Attendre avec patience
Les heures impaires
Où l’atmosphère
Couvre le silence
De …………………
 
 
Janvier 89
 
 
sa gloire / 8 février 2018




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Rendre clair
Le mystère de la foi,
 
L’étrange malédiction
Des apparences chimériques,
 
La rédemption du doute
Dans le silence.
 
J’ai toute ma
…………………
Qui tombe sous le sens.
 
 
Janvier 89
 
 

Certitude / 6 Avril 2016
Conscience / 7 Avril 2016
Destinée / 8 Avril 2016
Main tendue / 9 Avril 2016
Lenteur / 12 Avril 2016
Fantaisie / 16 janvier 2018
Tranquillité / 18 janvier 2018
 


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Mes dix ans.
 

Déjà 10 jours de bonheur.
Oubliez tout ce que vous avez appris.
Commencer par rêver. Jeunes femmes
rouges toujours plus belles. Quand
le doigt montre la lune l’imbécile
regarde le doigt. Ici on spontane.
Un homme n’est pas stupide ou intelligent :
Il est libre ou il n’est pas. Je suis venu
J’ai vu j’ai cru. Nul n’arrive à comprendre
S’il ne respecte, conservant sa propre nature,
La libre nature d’autrui.
Etre réactionnaire c’est justifier et
Accepter la réforme sans y faire fleurir
La subversion. L’art est mort. Godard n’y pourra
Rien. 1936 dernière couche de peinture,
CRS qui visitez en civil, faites très
Attention à la marche en sortant.



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Avoir à faire donc la distinction

perdue éperdue perdrix

des symboles et des bois

quand les chansons de nos amis

enferment le désir de se taire

dedans.

 

Toujours à la même

fraternité merveilleuse

avancer sa douleur

comme on tourne les pages

des paupières brûlées d’amour.

 

Petite fenêtre du deuil

et des mémoires faciles…

 

Et les voyageurs gardent le souvenir

enfin délivré. A croire la vérité

plus innocente que réelle.

Au loin des poteaux télégraphiques

et la mer.


1989



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33 poèmes à compléter dans le désert

 

Je marche l’âme belle ………………..

Comme toujours à autrefois

La nonchalance oblique

A croire notre ……………….. et encore

Je pleure à la distance d’exister

Quel ……………….. de se dire

Demain pareil à aujourd’hui

Puis tu inventes le ………………..

La ……………….. et notre ………………..

 


Janvier 89

 


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«  Reprendre la foulée, avec cet azur
qui me courbe
à voir les arbres du printemps, au ras du sol.
Je tombe
toujours du côté pair, une pierre de nuit
qui brille
dans la main. Ton amour reprend
la plénitude de la mer
et les mouettes ne sont plus que d’anciens présages.
25 ans,
et ton sourire veille l’horizon. L’étage des solitudes
vérifie
la rectitude du plan,
le métro avec son odeur de
bonbon anglais fausse la perspective.
Nous sommes
enfants de la vraisemblance,
du blanc désert des cimes,
des rencontres faciles et des retards accrocheurs.
Notre soleil apparaît sous l’ombre des regards
et nos pleurs ont l’émotion du mal de  tête »
 
 
1997