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Poèmes : François Fournet
Photos : Georges Adorni-Svinkasek
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Poèmes : François Fournet
Photos : Georges Adorni-Svinkasek
-
Vert
vert et verrou pour l'or
que le feuillage enlise
tel l'espoir atteint d'une larme qui noie
la jungle des désirs.
Vert et vers où
porter son cœur
au fond d'un marécage de doutes.
Vert et vers quoi
dire à ses pas que l'horizon
est encore bleu, solaire au -delà.
Vert et verroterie de rien
lorsque tout peut finir au fond
d'un simple verre d'eau.
François Fournet
Janvier 2014 -
Flamboiement de verts, mauves, d'or
l'espace est un palette fauve.
Des crocodiles géants aiguisent leurs dents.
Un poisson arc en ciel tremble
poésie égarée dans cette fournaise dense.
Trouverais-je l'issue, au cœur du marécage
que ma pensée génère, dans la peur de l'instant?
Je voudrais crier mais,
pris dans la mâchoire énorme de l'angoisse,
je n'espère qu'une ambre de caresse.
pour apaiser ma faim de bleue profond.
Peut on imaginer qu'un paysage
puisse avoir une gueule de fauve
au tremblement d'une pensée ?
François Fournet
Janvier 2014 -
Bras levés au ciel
pour dire l'exaltation du bleu
la fête des frissons
l'appel céleste de la vie.
Cris de sève ou de sang
se tenir debout, dressé
pour toucher la lumière
la faire ruisseler
jusqu'au fond des paupières.
Garder haut la foi
et ce vouloir de vivre
cette rage immense et tendre
feuillage d'émotions à naître
en symphonie de doigts
au désir d'envol,
de caresse,
d'ivresse.
Un geste accompli dans l'exacte tension
peut devenir un rire de triomphe !
François Fournet
Janvier 2014 -
Chevelure fine
dentelle sur ton front
la lumière te rend émeraude
et fais chanter ton regard vert.
Caresse de doigts légers
pour parfaire les gestes de la brise.
Doigté de tendresse pure
pour ombrer le désir
qui ondulent
et laisse danser les racines.
Parfum de rêve féminin
d'attente souple
de sourire invisible.
Les lignes de tes cils
prennent des poissons d'argent
au remous de ton corps.
C'est l'heure exquise
où ton être se rend végétal
danse lente de fièvre
soupirs joyeux de bonheur dense.
François Fournet
Janvier 2014 -
Le temps est cuivre
résonnent les secondes qui glissent
vibrent les sons en lumière vive.
Lenteur de l'instant métallique
où le végétal frôle les remous de l'eau
pleure une langueur de nuit.
Le temps est cuivre
l'ombre n'avouera pas ses profondeurs
ses malheurs, ses douleurs
il cache ses yeux brulants de faim.
il étanche ses lambeaux de nuit
rire sournois dans l'attente d'une proie.
Le temps est cuivre
parfumé de rêves incertains
de désirs imprécis
de soupir, de doutes dorés
joie, à peine éclose...
le temps est cuivre.
François Fournet
Janvier 2014 -
Aurore douce
dans la nacre du matin
lissée de secondes fragiles.
Mon regard bleu boit un thé d'or
tandis que feule déjà l'ombre des fauves.
En ce silence d'eau, de lumière fine,
la faim de l'astre vibre au ventre animal.
Le vent, discrètement,
voudrait fondre les teintes de l'instant
mais seules en épousailles douces
l'air chaud et l'eau se frôlent en sourdine.
En naîtra des bruissements, des chuintements
jusqu' au pas lourd du lion qui en appellera
au juge du soleil prédateur.
Aurore douce
bien avant la fièvre montante du vivant,
je sirote une minute indicible.
François Fournet
Janvier 2014 -
Atteindrai-je l'autre rive ?
Tant de remous, de lueurs étranges
de rencontres improbables
d'hésitation, de doute.
Je suis un voyageur du temps
comment définir ma quête ?
Est-ce que je sais moi-même
le but de mon voyage ?
Vais-je me noyer? Qui ?
Oui, qui m'a placé là,
devant mes choix ?
Je suis venu au monde
pour rejoindre un rivage.
Tout le monde en parle,
y croit ou le nie.
Tout le monde ignore
ce que recouvre l'ombre.
Que deviendrai-je sur l'autre rive ?
François Fournet
Janvier 2014 -
Mon sang est mauve ce soir
attentif aux appels violacés de l'ombre qui a faim.
Pourquoi ce jour inavoué
cette nuit transversale
qui se grime de lumière.
Quelle lumière lorsque la solitude est un cri sans voix?
Quel espoir lorsque l'ombre rit comme un poignard sombre
Errance rance et vide de pouvoir
ignorance au sein du paysage du temps.
Les plus cruelles secondes
s'acharnent à tuer la tendresse
Les plus pauvres des mots
enlisent le nid de la délicatesse.
Mon sang pleure un azur déserté.
François Fournet
Janvier 2014 -
Au sang du jour, les ailes attendent
de pouvoir traverser le miroir glacial et pur.
Reflets de souvenirs,
embrasement de l'horizon
choisir entre hier et aujourd'hui
vivre un rêve dépassé
ou dépasser le doute et
vivre le sang du présent
vivre son incandescence
libre des entraves défuntes
vivre le fil de son temps
glisser les mots qui nous portent
et nous emportent
jusqu'au risque de mourir.
Mourir est un si grand mot
un mot qui trône
au sommet de l 'angoisse
car il fait peur, peur
il règne dans l'effroi
et donne à renoncer...
à vivre.
Francois Fournet
Janvier 2014 -
Orage d'ombre
colère contenue sous le sourcil lourd de lumière.
La vérité éclate
et le poing veut frapper
le chant de l'univers crie sa symphonie blessée.
La rage gronde
comme un astre avorté d'une délicatesse crevée.
Il n'est pas l'heure de rire
ni plus la minute de rêver
demeure la seconde d'une larme
une seule
mais lourde de lumière meurtrie.
Trahison,
haute trahison de la chair
tyrannie de l'être
qui se croit fort comme un soleil
mais couvre sa honte
d'une broussaille vaine
de fausses déclarations.
Ce soir, je meurs
d'une absence mortelle
de limpidité.
François Fournet -
Orphelin des couleurs de la vie
mon errance solitaire est une nuit
où s'efface le jour
qui nie sa destinée d'images.
L'eau est une pensée amère
que n'apaise la brume des souvenirs.
En ces heures de lente mélancolie
un papillon est mort
dans le creux d'une tendresse.
Traverser ce fleuve de soupir,
en aurais-je la force ?
Et pour quel rivage,
pour quel voyage
lorsque l'on tue la lumière ?
Passant désabusé d'un monde éteint
je pleure des lueurs d'espérance.
François Fournet
Janvier 2014 -
Au parchemin de l'eau
je lis les gestes de la vie.
Trouble, le mouvement du temps
qui laisse luire les rêves
et glisse sans apaiser
les blessures imprimées.
Tourmentée cette vie qui hurle
et danse au verso de l'espoir.
Mes mains enchevêtrées
dans le silence incompris
je tremble de ne plus pouvoir
atteindre le fruit
promis par mes racines.
Au parchemin de l'eau
je lis les restes de ma vie.
François Fournet
Janvier 2014 -
Une main me protège
nue, décharnée mais douce
tendre pour ma soif d'azur bleu.
Éclosion de gestes lents
comme un immense main d'arbre
voudrait frôler mon regard
l'apaiser,
lui donner le fruit
qu'elle ne peut plus porter.
Doigts maternels
aux grands soupirs de mots
main revenant du passé
pour dire une caresse
pour vivre un instant si précieux
d'immense délicatesse.
Je me suis couché
sous l'ombre maternelle
égrené tant de jours de douceur.
Ô, mon enfance !
François Fournet
Janvier 2014 -
Qui frappe ?
Plus d'un milliard de griffes
cherchent à me prendre.
Dans le soupirail du jour
une fumée d'angoisse
me consume.
Qui gratte ?
Plus d'un milliard de serres
cherchent à me saisir.
Dans l'alcôve d'une fin d'après midi
quelqu'un m'attend
ou quoi, qui ?
Est-ce le vent ?
Si seulement, c'était le vent,
si seulement...
Est-ce le temps ?
François Fournet
Janvier 2014 -
Comme un cri d'amour
un chant de liberté
une enfance jaillie d'une ombre défunte.
Ce qui jaillit en moi
n'est pas mon cœur
mais le flamboiement de mon cœur
pour toi
ce qui rit en moi
n'est pas la liberté
mais la conscience de mon envol
vers toi.
Embrasement d'ailes souveraines
l'amour crie son triomphe
danse son geste d'offrande
vers une seule lumière:
ton regard.
Ce qui brûle en moi
n'est pas ce moi d'ivre expression
ni le délire heureux d'être ce moi
que tu cajoles
mais la fête éblouissante de tendresse
ou nous découvrons
que nous appartenons
à nous.
François Fournet
Janvier 2014 -
Dans la moisson de l'or
ce n'est pas le blé qui ravit
mais le champ des mille reflets doux
où l'azur bleu dépose un baiser
sur la terre ouverte en offrande.
Terre désirable pour la main qui caresse
terre au velours de fraîcheur
apprêtée pour accueillir
ce regard d'amour
que l'homme étreint sous ses paupières.
Dans l'immensité de l'or
je perds mes doigts
à pénétrer ta chevelure, devenue solaire
à force de tendresse.
Moisson d'étreintes
de végétales caresses
moisson de peau bercée
moisson
où l'or
porte un seul nom sacré.
François Fournet
Janvier 2014 -
Belle porte du passé
entrée des chevaliers des souvenirs
je voudrais frapper
je voudrais revoir les jardins délicats de l'enfance.
Un gardien veille le passage,
il attend le passant du temps présent
pour l'enfermer dans des désir défunts,
l'emprisonner
dans les grilles d'un rêve suranné.
Belle porte du passé
où j'étais roi de tous mes jeux
maître de tous mes rêves
où j'étais adulé, caressé,
bercé sous des mains maternelles.
Belle porte du passé
au sceau de la jeunesse enfuie
au médaillon
de mes amours d'antan
je voudrais frapper, frapper
comme mon cœur en cet instant
mais entrer à reculons
n'est qu'un leurre.
Belle porte du passé
je passerai plus loin
sans me retourner.
François Fournet
Janvier 2014
Elle passe
et laisse la porte fermée.
Ne cherchez pas à connaître
le trésor caché derrière ces murs.
De 'or en lingots, croyez-vous?
Des bijoux sertis d'ambre,
de saphirs,
de rubis, de diamants?
Bien plus que cela.
Des titres de haute noblesse
des actes par lesquels le détenteur
possèderaient une immense richesse?
Bien plus que cela.
La clef de l'éternelle jouvence?
de l'ineffable beauté?
le secret de l'infini?
Eh bien, oui!
Oui, oui,
oui!
Sous l'ombre féodale
du temps qui nous emporte
par les battants puissants d'un cœur
dont l'amour est diadème
demeure pour toujours
le plus tendre sourire.
François Fournet
Janvier 2014
(A la demande de Georges,
pour se mère qui se promenait en bas de la photo...)
-
La lumière est froide sous les voûtes
l'ombre est figée aux volontés du jour.
Dire la vérité, malgré les regards
dire les mots
qui peuvent faire trembler.
Il n'est de vie sûre
qu'en la rigueur de la clarté
qu'en l'éclat dur d'un pur diamant.
Cela peut tuer, meurtrir, détruire
mais la mort est belle
lorsque l'âme s'éveille
et renaît d'une nuit d'erreurs.
Si froide soit la lumière
elle est un feu qui brûle
et lave la poussière accumulée.
Pourquoi certaines mains
se joignent elles si puissamment ?
La prière de l'ombre
est le cierge où s'éclaire
la libération du cœur.
François Fournet
Janvier 2014 -
Où va-t-elle,
la tendresse ?
Où vont les caresses,
les sourires,
et ce beau paysage
que l'on nomme :
délicatesse ?
Y a t il une vie
au-delà d'un plissement doux de paupière ?
Où va-t-elle
l'heure que nous vivons,
où va le frisson clair
de notre enfance ?
Elle marche lentement,
la tendresse, sans hausser la tête
sans bomber le torse,
discrètement
en portant le soleil
qui éclaire à l'intérieur.
Elle semble s'en aller,
elle semble,
comme un fin bruissement
s'envoler
mais laisse toujours
sur son mélodieux parcours
les couleurs de l'espérance
au domaine de l'amour.
François Fournet
Janvier 2014 -
Un reflet
est il autre chose qu'un baiser de lumière,
le don lumineux d'un regard amoureux?
Si intense, la nuit
lorsqu'aucune lueur n'appelle,
si dure la solitude
quand nulle tendresse ne frôle.
Cet or ou cet argent
que recèle un reflet
est un message pur,
un espoir d'horizon
quand les ténèbres interdisent de voir.
Un reflet
est une fraîcheur à vivre
dans l'embrasement du vide
comme un regard
déposé pour comprendre que la mort
n'est pas une larme incendiaire
mais la cécité
quand la lumière égraine ses enfants.
François Fournet
Janvier 2014 -
Je te regarde,
tu ne peux m'échapper.
Oh, je connais la question:
Qui suis-je ?
Sais-tu seulement qui tu es ?
Ce n'est pas un nom qui
identifie,
ni une couleur de peau,
ni un cri, ni un rire.
Le savoir est bien souvent
une vaine illusion.
Tout se résume ceci:
vivre.
Alors,
j'écoute tes battements de cœurs
le chant de tes artères
l'odeur des émotions
la sueur de l'instant.
En profondeur luit
la source de ton identité ;
...Je te regarde.
François Fournet
Février 2014 -
Une fleur
est un baiser de lumière
au parfum de désir,
une femme amoureuse
qui se donne en riant.
Une fleur
est l'exploit
de la plus sombre attente
en jaillissement de vie.
On a envie de la frôler,
la bercer, la caresser,
nous laisser prendre
par son essence,
nous revêtir de son parfum,
la cajoler...
comme un femme
une belle femme
attendant qu'un regard
lui permette d'éclore.
François Fournet
Février 2014 -
Le soleil a mis le feu aux vitraux
il chante et tue l'ombrage,
criminel rayonnant,
missionnaire à la dent d'or.
Sa quête est de chasser la bête,
celle qui se terre
dans les angles obscurs
celle des ténèbres
où gémit le silence.
La vérité ! Crie-t-elle
sur son char éblouissant,
la vérité ! Chante-t-elle
dressant avec ardeur
ses lances enflammées
et riant
par toutes les dents écartelées
du vitrail.
La vérité !
Nous devons voir
jusqu'au nid
de la nuit
de nos entrailles !
François Fournet
Février 2014 -
Egraine un mot,
fais le danser sur la tige d'une idée.
Verse les graines
et déploie une vague de plein vent,
une vague de désirs
dressant leur longue ivresse
pour atteindre l'espace,
lui dire la parole qui brule,
la parole qui danse,
la parole océane
et simplement végétale.
Celle de la faim
de féconder,
celle de l'exigence charnelle
de traverser la pierre,
la terre, la glaise
et prononcer ce oui, si formidable oui
d'intarissable vie.
François Fournet
-
Je suis une ombre passagère,
un mouvement de vie
qui glisse entre les heures.
Dans le vert marécage d'incertitude
où mon âme est plongée
je recherche l'issue de la lumière,
cette porte en plein ciel,
en plein vent
où je peux crier ma liberté.
Ma demeure est un immense doute
dont je suis l'humaine errance.
Au-delà de l'apparence,
au travers du reflet
dans le plus dur silence,
je crie.
Je crie ma solitude,
je crie ma pauvreté
je crie contre le versant pur
dont je suis qu'une ombre
pour me dire
vis, vis et traverse
la parure de l'ombre.
François Fournet -
J'ai soif
mais la lumière
me refuse sa couleur.
Au mausolée de ma solitude
les vasques d'eau pure
me sont désormais interdites.
Prisonnier de mon corps,
enfermé en ce monde
où l'or de vie est pris en otage,
où l'or de survie désespère
de me rejoindre,
je veux être un terroriste arc-en-ciel,
un rebelle multicolore
avec comme grenade ma fougue,
pour dynamite ma rage,
pour bombe
de restructuration massive
mon cœur !
François Fournet
2014
J'ai soif
mais la lumière
me refuse sa couleur.
Au mausolée de ma solitude
les vasques d'eau pure
me sont désormais interdites.
Prisonniers de mon corps,
enfermés en ce monde
où l'or de vie est pris en otage
où l'or de survie désespère
de me rejoindre,
je veux être un rebelle arc en ciel,
révolutionnaire multicolore
avec pour grenade ma fougue,
pour dynamite ma rage,
pour bombe
de restructuration massive
mon cœur !
François Fournet
2025 -
(Poème sans la lettre i)
Haut chant de l'espace
souffle d'or d'un langage brûlant
profondeur tendre du sang
où roule la lave des mots
où s'écoule la sueur des sens,
lentement,
comme une caresse,
je ressens un calme léger
comme un murmure d'eau.
En ces heures dorées
j'écoute la terre
je ressens ses paroles
fredonnant sur les herbes,
l'amour du végétal embrasé
et je revets mon être
de sa danse sensuelle
dans le tempo du feu
que scande mon bonheur.
François Fournet -
Sang de mes artères
sang de la lumière
je suis un morceau de ciel
retenu en glaise
une danse de mots de gestes, de chants
frisson de flamboyance
dont le cri perce la terre
et se tend pour atteindre les cimes
dont les nids sont des braises
de pure liberté.
Oui, saisir la source d'or
d'un regard ou d'un astre.
Connaître le don de la lumière
dont la force est l 'amour
et la signification
d'exister.
François Fournet -
Lave de lumière
étreinte du silence.
L'émotion crie
par trop de noir,
par trop de blanc.
La vérité réside-t'elle
dans la nuit
d'une immense incertitude ?
On ne pourra jamais trancher
entre l'erreur et la splendeur.
Subsistera une ombre
entre le mot
l 'espace
et le temps.
Lave de lumière
au soleil de l'obscur
pour embraser les sens
et leur dire que la vie
est toujours au-delà.
François Fournet -
Un arbre m'interroge
le regard jaune, grave :
pourquoi restes-tu dans l'ombre ?
Pourquoi t'emprisonner
dans l'étreinte sombre
d'un refus d'apparaître ?
La t'attend, la lumière te cherche.
Elle a soif de te donner
les couleurs vives du sang,
de la sève, de l'arc en ciel.
Alors, tu crois rayonner
sous ton recoin d'ombrage
être un papillon
sous l'ombre des grands chênes.
Tu comprends que
le lumière que tu cherches
c'est toi !
François Fournet -
Le regard dans l'eau
la nature berce un soupir de faon.
Comme une vitre martelée
ses larmes brouillent sa pensée.
La terre, sa terre meurtrie
cette eau, eau souillée
cette glaise empoisonnée
entre ses bras, sur ses racines
ce faon que l'homme a morcelé.
Bien sûr ces larmes sont douces
bien sûr l'étreinte de l'astre est chaud
mais
au-travers du silence
de cette pluie soudaine
au-travers des racines
par celui des corolles
au fond de chaque bourgeon qui tremble
la nature crie.
François Fournet
-
L'oeil de l'eau me regarde
l'oeil du vertige pensant de la nature
l'oeil , translucide mais vif de la lumière.
Troublante présence, troublée
par ma présence.
Elle sait que je suis homme
elle voit mon pouvoir et ma faiblesse,
mon savoir, mon ignorance.
Elle ne me juge pas
mais connaît mon incohérence
elle a soif de me parler
soif autant que l'eau qu 'elle recèle
et pourrait m'abreuver
alors, elle luit, luit et murmure
qu'au devant de ce monde
elle tremble, tremble, tremble...
François Fournet -
Un arbre
n'est-il pas une main ?
Une main qui s'ouvre
qui donne
par d'innombrables doigts
la force de porter
le pouvoir de peser,
le choix d'être traversé
par le vent,
par le temps,
par le chant
des oiseaux de passage.
Comme l'arbre, notre main
est capable d'ouvrir,
de ressentir
les couleurs de la vie,
leurs ardeurs,
leurs douceurs,
leurs douleurs
mais aussi le temps
de pouvoir donner son cœur.
François Fournet -
J'ai entendu la voix du ciel,
une voix grave, brûlante,
et j'ai frissonné
sous mes mots de son discours.
Nous sommes insensés de vouloir tout
réduire, tout assujettir
à notre seule pensée.
Notre cerveau,
ce nid fragile
fourmillant de neurones,
serait-il la source
de tout ce qui existe
et tout ce qui peut vivre ?
Dans les célestes eaux
de l'ineffable création,
murmurent des pouvoirs
dont les terribles regards
n'ont jamais été si sombres
à notre vue.
François Fournet -
Ton regard dévoile une pensée solaire.
Sans aucun mot pour signifier le fruit
de ta méditation
je devine la lumière
d'une profonde tendresse.
Ce silence que tu me donnes
cet instant,
si chaud dans l'émotion,
embrase mon attente
d'une paix immense.
Je sais que tu possède l'or
d'une puissante humanité
je sais que l'horizon que tu traverses
est l'océan de l'espérance.
Il suffit de poser mon temps
sous l'ombre de ton regard
pour croire
que tout demeure possible.
François Fournet -
Visage végétal
sur un long corps de chêne
étreinte d'un regard
qu'enflamme un rire de lumière.
Que me veux-tu
sous le tronc de ton pouvoir ?
Je ne suis que feuille
balloté par le temps
une feuille de vie
fragile et fugitive.
Comme un vitrail
ébloui par un astre
le cœur humain
aspire à s'élever.
Visage végétal
imprimé par le vent
affamé par l'espace
tu murmures entre tes dents
une sève de désir
que mon émoi recueille
sur l'instant de ma vie.
François Fournet -
L'ombre ne comprend pas
pourquoi elle est à terre
nue et enchainée au pouvoir
de celui qui détient la lumière.
Elle sait pourtant, l'ombre
que les couleurs ne sont
que des cris lumineux
que le bruit qui étrangle la paix
n'est qu'un silence vide
que ce cœur qui croit battre
battre et puis combattre
pour retenir l'immense vérité
n'est qu'un reflet de vie
éphémère frisson
sous l'imparable éternité.
L'ombre ne comprend pas
ce besoin de paraître, de rayonner
de s'imaginer lumière
et puissance en puissance !
L'ombre est pure
dans sa nuit de corps
pure de solitude sombre
et sous l'émotion
d'un indicible silence
pleure.
François Fournet




































